Bifröst : les ponts vers les Dieux

Les aurores boréales sont des phénomènes naturels qui renvoient l’Homme à sa juste place.  Elles cristallisent cette attirance que nous avons pour l’inconnu. Cette envie irrésistible qui pousse à tous les sacrifices et tous les excès. Les excès de l’Amour notamment qui se traduit par une longue attente tout à la fois patiente et impatiente. Patiente car nous nous sommes promis une entrevue, naïveté du premier amour scrutant l’horizon diront certains, impatiente car la magie et l’émotion seront forcément au rendez-vous et personne ne voudrait quitter ce monde sans avoir vu ça…

Le froid et le silence autour de l’observateur le pousse tout doucement vers une léthargie propice à l’introspection. La myriade d’étoiles d’un ciel d’hiver est un réceptacle fantastique pour les émotions. A l’image des premières civilisations qui peuplaient le ciel d’animaux, de divinités et de monstres, l’observateur y projette ses sensations les plus enfouies.

Soudainement, la splendeur de l’univers se réveille, le ciel s’illumine d’un feu extra-terrestre. Les formes mouvantes, l’intensité des couleurs et les tableaux peints par les rayons effacent la mémoire, la subjugation l’emporte. Les sens communient avec ce spectacle, fruit de la rencontre silencieuse du Soleil et de la Terre. L’observateur disparait face à la beauté du spectacle.

Insidieusement une question émerge du fond de l’esprit de l’être craintif que nous sommes : une telle splendeur doit bien être le fruit d’une création, mais quel est l’artiste qui nous gratifie ainsi ?

Et lentement l’observateur plonge dans l’abyme de sa propre insignifiance. Il ne restera de cette rencontre que l’espoir, l’espoir que la nature, grâce à sa force créatrice, survivra à l’Homme.

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