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Le soldat n’est pas homme de violence, il porte les armes et risque sa vie pour les fautes qui ne sont pas les siennes. Son mérite est d’aller au bout de sa parole, tout en sachant qu’il est voué à l’oubli.

– Antoine de Saint Exupery –
Dehors ou dedans ?

Dehors ou dedans ?

Log Book – Exister, qu’est-ce que ça veut dire ? Ca va veut dire être dehors, sidere ex. Ce qui est à l’extérieur existe. Ce qui est à l’intérieur n’existe pas. Mes idées, mes images, mes rêves n’existent pas. Si Sperenza n’est qu’une sensation ou un faisceau de sensations, elle n’existe pas. Et moi-même je n’existe qu’en m’évadant de moi-même vers autrui.

Ce qui complique tout, c’est que ce qui n’existe pas s’acharne à faire croire le contraire. Il y a une grande et commune aspiration de l’inexistant vers l’existence. C’est comme une force centrifuge qui pousserait vers le dehors tout ce qui remue en moi, images, rêveries, projets, fantasmes, désirs, obsessions. Ce qui n’existe pas in-siste. Insiste pour exister. Tout ce petit monde se pousse à la porte du grand, du vrai monde. Et c’est autrui qui en tient la clef. Quand un rêve m’agitait sur ma couche, ma femme me secouait par les épaules pour me réveiller et faire cesser l’insistance du cauchemar. Tandis qu’aujourd’hui… Mais pourquoi revenir inlassablement sur ce sujet ?

C’est impossible dit la Fierté.

C’est risqué dit l’Expérience.

C’est sans issue dit la Raison.

Essayons murmure le Cœur

–  WA. Ward –

Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens.

– Arthur Rimbaud –
La pente funeste

La pente funeste

Chaque homme a sa pente funeste. La mienne descend vers la souille. C’est là que me chasse Speranza quand elle devient mauvaise et me montre son visage de brute. La souille est ma défaite, mon vice. Ma victoire, c’est l’ordre moral que je dois imposer à Speranza contre son ordre naturel qui n’est que l’autre nom du désordre absolu. Je sais maintenant qu’il ne peut être seulement question ici de survivre. Survivre, c’est mourir. Il faut patiemment et sans relâche construire, organiser, ordonner. Chaque arrêt est un pas en arrière, un pas vers la souille.

D’un coup la coquille s’est ouverte. La liberté, la fierté d’un regard complice, un sourire simple, un regard pétillant, une épaule douce. Tout ceci sans lendemain. Mais tout a été balayé du revers de la main, avec cette étrange sensation d’avoir été dans un monde qui ne m’appartient déjà plus….

– Un goût d’inachevé ! –

Bifröst : les ponts vers les Dieux

Les aurores boréales sont des phénomènes naturels qui renvoient l’Homme à sa juste place.  Elles cristallisent cette attirance que nous avons pour l’inconnu. Cette envie irrésistible qui pousse à tous les sacrifices et tous les excès. Les excès de l’Amour notamment qui se traduit par une longue attente tout à la fois patiente et impatiente. Patiente car nous nous sommes promis une entrevue, naïveté du premier amour scrutant l’horizon diront certains, impatiente car la magie et l’émotion seront forcément au rendez-vous et personne ne voudrait quitter ce monde sans avoir vu ça…

La ville ogresse

Encore un matin d’afflux massif d’inconnus prêts à se faire digérer par l’ogre parisien. Chaque jour apporte son obole humaine d’inconnus à l’échine courbée, aux regards vides, prêts à se faire sucer la dernière once d’énergie que l’espoir d’une vie meilleure fait naitre quotidiennement en eux. Nous sommes le sang et les excréments d’une fonction supra-humaine, que nous ne maîtrisons plus, que nous ne comprenons plus. La mise à l’épreuve est quotidienne. Au profit de qui, au nom de quoi ?

Devons nous encore payer pour le péché originel ou sommes nous tout simplement les jouets de quelque chose qui nous dépasse ?

En tout cas, il est difficile de trouver sa source lumineuse, celle qui vous permet d’illuminer le tunnel dans lequel l’Homme s’est engouffre à tombeau ouvert.

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