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On n’échappe pas à soi-même en fuyant sur les mers. C’est précisément l’inverse qui se produit.

– Olivier de Kersauson –

C’est très douloureux d’écrire sa vie, de regarder dans le rétroviseur, parce qu’elle se résume à peu. Elle n’est faite que d’efforts. Je préfère regarder devant, parce que devant il n’y a que le plaisir, puisque l’effort n’est pas encore fait ! 

– Olivier de Kersauson –

Le soldat n’est pas homme de violence, il porte les armes et risque sa vie pour les fautes qui ne sont pas les siennes. Son mérite est d’aller au bout de sa parole, tout en sachant qu’il est voué à l’oubli.

– Antoine de Saint Exupery –
Dehors ou dedans ?

Dehors ou dedans ?

Log Book – Exister, qu’est-ce que ça veut dire ? Ca va veut dire être dehors, sidere ex. Ce qui est à l’extérieur existe. Ce qui est à l’intérieur n’existe pas. Mes idées, mes images, mes rêves n’existent pas. Si Sperenza n’est qu’une sensation ou un faisceau de sensations, elle n’existe pas. Et moi-même je n’existe qu’en m’évadant de moi-même vers autrui.

Ce qui complique tout, c’est que ce qui n’existe pas s’acharne à faire croire le contraire. Il y a une grande et commune aspiration de l’inexistant vers l’existence. C’est comme une force centrifuge qui pousserait vers le dehors tout ce qui remue en moi, images, rêveries, projets, fantasmes, désirs, obsessions. Ce qui n’existe pas in-siste. Insiste pour exister. Tout ce petit monde se pousse à la porte du grand, du vrai monde. Et c’est autrui qui en tient la clef. Quand un rêve m’agitait sur ma couche, ma femme me secouait par les épaules pour me réveiller et faire cesser l’insistance du cauchemar. Tandis qu’aujourd’hui… Mais pourquoi revenir inlassablement sur ce sujet ?

C’est impossible dit la Fierté.

C’est risqué dit l’Expérience.

C’est sans issue dit la Raison.

Essayons murmure le Cœur

–  WA. Ward –

Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens.

– Arthur Rimbaud –
La pente funeste

La pente funeste

Chaque homme a sa pente funeste. La mienne descend vers la souille. C’est là que me chasse Speranza quand elle devient mauvaise et me montre son visage de brute. La souille est ma défaite, mon vice. Ma victoire, c’est l’ordre moral que je dois imposer à Speranza contre son ordre naturel qui n’est que l’autre nom du désordre absolu. Je sais maintenant qu’il ne peut être seulement question ici de survivre. Survivre, c’est mourir. Il faut patiemment et sans relâche construire, organiser, ordonner. Chaque arrêt est un pas en arrière, un pas vers la souille.

D’un coup, la coquille s’est ouverte. La liberté, la fierté d’un regard complice, un sourire simple, un regard pétillant, une épaule douce. Tout ceci sans lendemain. Mais tout a été balayé du revers de la main, avec cette étrange sensation d’avoir été dans un monde qui ne m’appartient déjà plus….

– Un goût d’inachevé ! –
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